Racontes-moi le 2.0 !

Ah… « Web 2.0 © », un terme souvent moqué par les élitistes du web, un terme que les media aiment utiliser jusqu’à l’overdose, et que l’on finit par vider de sa substance (déjà assez pauvre en soi), utilisé comme le Kub Or, à toutes les sauces… « Referenceur 2.0″, voit-on sur un CV ;  « Manager 2.0″, sur une offre d’emploi… et pourquoi pas « Boulanger 2.0″ ? Encore que, le boulanger fait du pain, un medium de partage, personnalisable, c’est très 2.0… Parce que c’est bien ça, la base du web 2.0 : le partage et la personnalisation. Le web 2.0 fut baptisé ainsi en 2003 et décrit en 2005 par Dale Dougherty, mais pour trouver où puisent les racines du web social, il faut creuser profondément dans l’histoire d’Internet, bien plus loin que le Web… ça vous dit ?

Usenet, Bitnet, BBS et IRC : l’Antiquité

visuel de BBS

Voici un BBS, brrr !

Les Newsgroups… les papis du net s’en souviennent… Plus jeunes que les emails (1971) et que le protocole TCP/IP (1974), mais bien plus vieux que les DNS et le World Wide Web, le réseau UseNet fut, de 1979 aux années 1990, le véritable ancêtre des réseaux sociaux. Les Newsgroups sont des groupes de discussions (autant dire des dossiers) hébergés et relayés par des serveurs, dans lesquels les abonnés postent des articles (des fichiers textes), que tous peuvent lire, jusqu’à ce qu’ils soient supprimés par ancienneté, remplacés par de nouveaux. L’interaction y était certes limitée (quoi qu’on pouvait très bien discuter par articles interposés), mais la dynamique était déjà là. On trouvais également des systèmes d’échanges relativement indépendant du net, comme Bitnet, ou les Bulletin Board System, réseaux de communications rudimentaires proposant beaucoup de fonctionnalités mais avec des moyens de connexions très faibles… La fin de cette période est marquée par l’apparition de l’IRC, protocole de chat très populaire permettant également de partager des fichiers, en temps réel, et qui reste encore aujourd’hui significativement utilisé.

Word Wide Web : le Moyen-Age

Le site de Lego en 1996

Le site de Lego en 1996, si si !

1989, l’idée d’un protocole permettant de créer des pages et de les lier entre elle révolutionne le net. l’HTML naît, avec lui les pages web.

C’est le Moyen Age, et tout comme le Moyen-Age, il constitue à la fois une avancée et un recul. Je m’explique : si le web permet de donner une forme accessible (voire agréable) à l’information circulant sur internet, il a contribué à la figer dans des pages statiques dont la mise à jour demandait des moyens techniques et humains non négligeables… On est passé d’articles vivant et mourant perpétuellement au sein de communautés à des pages immobiles, n’évoluant qu’au grès de leurs auteurs, communiquant en sens unique. C’est l’ère des sites d’entreprise et des pages persos, un monde ennuyeux…

Le Web Dynamique : la Renaissance

En 1994, le PHP (entre autres solutions) permit de rendre le web dynamique : la page web devient une structure vide « intelligente » que l’on remplit avec un contenu situé dans une base de donnée (SQL), évolutive. De là, on pouvait construire des interfaces permettant d’ajouter du contenu à un site web sans avoir à retravailler le code. L’utilisateur ne doit plus nécessairement être un développeur.

Forums et weblogs : la Révolution Industrielle

visuel de forum en PHP vbulletin

vBulletin, solution libre de forum en PHP

Et le Web 2.0 fut… Les forums et les blogs, archétypes du web dynamique, ont permis de réunir

l’esprit du partage et du contributif des Newsgroups, l’accessibilité et l’esthétique de la page web. D’un côté, le blog, apologie de l’individualisme, et de l’autre, le forum, bastion de l’anonymat et du partage, ont connu un vif succès à une époque où le grand public accède en masse au réseau des réseaux. C’est l’ère des Skyblogs et de Doctissimo, LOL.

Réseaux sociaux : l’Aujourd’hui

Ouf ! Nous y voilà ! En fait, les réseaux sociaux, ce sont des plateformes de blogs… bah oui, une fois qu’on a inventé la machine à vapeur, le métier à tisser Jacquard et le vaccin contre la rage… le reste n’est que petits pas (sauf si l’on parle de Steve Jobs et de l’iPad). La principale évolution d’un blog classique à un Myspace puis à un Facebook ou un Twitter est la croissante interconnexion entre ces blogs, et donc la viralité des posts. En effet, sur Facebook, Twitter et assimilés, les posts individuels, accessibles sur les profils des membres, sont fractionnés pour apparaître dans des flux continus regroupant l’ensemble des abonnements… Si l’on y ajoute la possibilité de partager des posts d’un réseau à un autre, de créer des groupes de discussion ou des cercles de contacts calquant la vie réelle (comme le propose Google+), on arrive à un web aux possibilités de partages innombrables, pour le meilleur comme pour le pire !

Mathieu Kutak

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