Des pratiques anachronique du commerce « traditionnel »…

L’informatique et internet a révolutionné nos vies, dit-on… Peut-être qu’en bossant dans le webmarketing et pour le e-commerce on a une vision du commerce un peu biaisée… mais quand même, pour le coup, je trouve ça particulièrement mal joué !

Pour raconter ma vie, je fais de la trottinette tous les jours pour aller au travail… Souvent, en passant le soir devant une boulangerie en chemin, je prend du pain, il est bon et puis les boulangeries deviennent si rares à Lille que j’ai envie de soutenir les petits commerces en sursis : je suis comme ça !

Et si je passais au U Commerce… ?


Sauf que ce soir, en trottinant et en salivant en pensant à l’énorme faluche (un  pain blanc genre pain pita) que j’allais prendre pour mon sandwich de demain (ma vie est trépidante !), je me rend compte que je n’ai pas de monnaie (Diantre !)…  Je n’allais quand même pas payer une baguette ou une faluche avec une CB quand même… et c’est là que je me rappelle que 50m plus loin il y a un Super U !

C’est le premier réflexe quand on n’a pas de monnaie : on va dans un temple de la consommation (ou un distributeur). Bon, celui-ci est plus du genre chapelle annexe fermée de midi à 15 heures, et donc ouvert qu’aux heures où les gens travaillent pour éviter que les vieux ne fassent chier les jeunes actifs qui viennent prendre un sandwich et faire leur courses en de-spee le midi. Vous me direz, c’est judicieux, ça évite des tensions inutiles…

je précise que je n’ai rien contre les magasins pour vieux (ni contre ces derniers), allant moi-même régulièrement à Intermarché (quand on appelle sa marque de jambon Monique Ranou et sa viande Jean Rosé, on assume son côté pas branché du tout !). Bref, je trahis ma petite boulangère pour aller vers son ennemi naturel d’en-face.

Des nouveaux commerçants !

Super U les nouveaux commercantsEt si je passais au U Commerce ? Je pourrais y acheter mon pain, deux babioles histoire de rentabiliser le détour, sans remonter jusqu’au distributeur à perpet’… Soit, je m’exécute, je  flâne, je lanterne, je lambine dans les rayons comme j’aime tellement le faire, comparant les produits et leur prix avec ma base de donnée mentale (oui, je suis un prospect sérieux), et j’arrive à la caisse avec mes quelques articles, et du pain, pour à peu près 5 euros.

 » Ah, je suis désolé, monsieur, mais nous ne prenons la carte bancaire qu’à partir de 8 euros ! « *

Péroraison **

Un paiement bancaire depuis une MasterCard coûte au commerçant aux alentours (les contrats varient selon les volumes et les négociations) de 20 centimes à la transaction, puis moins d’un pourcent de la transaction totale… En d’autre termes, l’investissement du Super U pour acquérir un nouveau client aurait été de 25 centimes moulés à la louche et roulés sous les aissellesde cheval de courseà piedà terre… Un tel coût à la conversion, bien des e-commerçants vendraient leur âme pour en approcher, sans compter qu’il se seraient quand même fait de la marge… Mais il en fut autrement… parce il existe bien des pratiques commerçantes qui défient les bases du marketing (mais peut-être pas le sous-sol, je me suis vite arrêté !).

Voilà comment Super U m’a contraint de ressortir, aller retirer un bifton 200m plus loin, payer ma baguette et mes broutilles, m’a fait passer avec honte et remord devant ma chère boulangerie une baguette dépassant de mon sac, et m’a perdu par là-même comme client par cette belle journée printanière où les grabataires regagnent en vigueur pour emplir ce supermarché, avant qu’il ne s’étiole et fane tandis que le temps prendra sa clientèle fétiche pour d’autres rivages, sous d’autres hospices

* : Oui, c’était la chute de l’histoire… c’était bien, non ?

** : Pérorer :  s’écouter parler , déblatérer, haranguer, faire son intéressant, se pavaner, en truffant son discours de références culturelles et en étalant complaisamment son savoir, en parlant de façon pompeuse, amphigourique, dans un galimatias auto-gargarisatoire.

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